Wataru Tominaga

Je vous présente cette semaine (et celles qui viennent si vous en voulez encore et que vous n’êtes pas au bord de l’indigestion)(je RIGOLE), mes grands coups de cœur du Festival de Hyères.

Et pour commencer, le japonais Wataru Tominaga, Grand Prix du Jury de cette 31ème édition…

J’avoue qu’au premier abord, Tominaga ne faisait pas partie de mes favoris. Mais c’est en revoyant les photos prises de son défilé et en backstage que j’ai mesuré toute la complexité de son travail et que j’ai compris son regard inédit sur la mode masculine.

Si ses silhouettes ne sont pas tout à fait ce que je verrais dans la penderie de mon homme, il a le mérite de nous pousser à réfléchir sur une mode dont les limites dépassent, plus que jamais, celles du genre.

Et comme il n’y a aucune raison que la fantaisie, l’audace et la couleur soient uniquement réservées au vestiaire féminin, il n’hésite pas à mixer les couleurs et les textures, superposer les matières, souligner les tailles et faire porter à ses mannequins des maxi besaces, pour un effet maximaliste et terriblement fun.

Je vous laisse avec mes quatre silhouettes préférées…

Wataru Tominaga The French Dilettante

Wataru Tominaga The French Dilettante

Wataru Tominaga The French Dilettante

Wataru Tominaga The French Dilettante

Laulane

LAULANE, contraction des prénoms de ses deux nièces, Lola et Louane, et du sien, Audrey.

Parce que chez Audrey, tout est affaire de famille. De sa sœur qui l’aide à tenir sa nouvelle boutique, à cet arrière grand-père joaillier qu’elle n’a pas connu, mais dont sa grand-mère lui parlait souvent avec beaucoup d’admiration.

“C’est probablement une passion qui m’a été transmise inconsciemment et qui m’a poussée dans cette voie.

Audrey, c’est la jeune créatrice dont je voulais vous parler aujourd’hui, et je tenais à le faire pour deux raisons : 1) je l’ai rencontrée il y a plus d’un an à l’occasion d’un brunch entre blogueuses et créatrices et j’ai tout de suite adoré son univers ultra féminin (des bagues aux colliers, en passant par les headbands et les bracelets, tout est finesse et légèreté dans ses créations) ; 2) parce qu’elle a ouvert il y a trois semaines maintenant sa toute première boutique et je me suis dit que c’était enfin l’occasion de plonger dans son univers et de partager ce coup de cœur avec vous !

The French Dilettante, Laulane Bijoux, Audrey Guidoni

 

Audrey, j’ai remarqué que sur ton site, tu parles à peine de toi-même, seules tes créations sont mises en avant. C’est un choix délibéré ?
J’ai toujours du mal à parler de moi-même. Je viens d’une famille simple où on ne se met pas en avant. On m’a transmis des valeurs de simplicité et d’humilité auxquelles je tiens.

Pourrais-tu faire une toute petite exception et me parler un peu de toi, ton parcours ?
À vrai dire, je me suis lancée complètement par hasard. A la base, je travaillais comme comptable. J’ai commencé par passion et pour le plaisir de fabriquer des bijoux. Petit à petit, mon entourage s’est mis à me complimenter sur mes créations. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de sauter le pas en présentant ma démission pour créer LAULANE, en 2012 et me consacrer entièrement à ma passion.

Tu n’as donc suivi aucune formation pour devenir créatrice de bijoux ?
Aucune. Je suis complètement autodidacte.

Il faut une sacrée dose d’audace ! J’imagine qu’un jour, il y  a un déclic. Qu’est-ce qui t’a poussé à créer ton premier bijoux ?
Je ne trouvais pas mon bonheur dans les marques de bijoux traditionnelles. Soit parce que le style ne me correspondait pas, soit parce que les prix étaient trop élevés. C’est pour cette raison que j’ai commencé à fabriquer des bijoux par ou pour moi-même dans un premier temps. Ensuite, j’ai pris le temps qu’il fallait pour lancer ma première collection parce que j’ai voulu me concentrer sur ce que je recherchais avant tout en tant que cliente : des pièces qualitatives, belles et intemporelles, à des prix tout à fait abordables.

The French Dilettante, Laulane Bijoux, Audrey Guidoni
Bijoux spécialement créés pour l’ouverture des Docks Village à Marseille

Et aujourd’hui, en étant à la fois créatrice et gérante de ta marque de bijoux, tu te définis plus comme une artiste ou une entrepreneuse ?
C’est vrai que quand on se met à son propre compte, il faut garder les pieds sur terre, être réaliste et bien organisé dans sa gestion des choses. Mais quand il s’agit de créer, je laisse entièrement ma sensibilité artistique s’exprimer, je ne me mets aucune barrière. Je suis passionnée par ce que je fais et me sens artiste depuis toute petite.

Peux-tu nous en dire plus sur ton processus de création et de fabrication ?
Je dessine tous mes bijoux. C’est d’ailleurs le plus difficile : concrétiser certaines idées tout en gardant à l’esprit qu’elles doivent rester réalisables. Mes dessins sont ensuite informatisés par des infographistes pour la découpe. Pour la matière première, je fais appel à des fournisseurs français. Enfin, à part pour les pièces entièrement soudées, c’est moi qui m’occupe du processus d’assemblage.

Lorsque je vois la finesse de certaines de tes créations, j’ose à peine imaginer le temps que demande l’assemblage.
C’est vrai que c’est l’étape la plus longue et qui demande le plus de minutie. Pour un seul bracelet à pompon (voir les bijoux sur la première photo), l’assemblage me demande entre 30 et 45 minutes.

Et quels sont tes matériaux de prédilection ?
Mes bijoux sont essentiellement en Argent 925 et en Plaqué or. Pour le Plaqué or, je joue sur les variations rose et champagne ; ce qui permet à mes créations de s’adapter à tous les styles, toutes les envies, mais aussi à tous les teints.

The French Dilettante, Laulane Bijoux, Audrey Guidoni

Comment fonctionnent tes collections ? As-tu des basiques incontournables ? Des collections capsules ou des éditions limitées ?

Certaines de mes créations sont proposées depuis le début du lancement de LAULANE et toute l’année, comme par exemple les modèles Yucatan et Pyramide, entre autres. Ce sont mes intemporels, et les modèles les plus prisés par mes clientes.
Ensuite, viennent des pièces que je vais imaginer au gré de mes envies, des saisons et des tendances. Je pense notamment aux bracelets multiliens, le choix des couleurs se fera en fonction de mon inspiration et de mon humeur. Je peux décider par exemple d’associer le vert avec du violet sur un modèle, puis avec du rouge sur un autre. Ce qui rend chaque pièce assemblée quasiment unique.
Enfin, je sélectionne les couleurs en fonction des saisons. En été je privilégie les teintes acidulées et pastel et en hiver les couleurs plus profondes et vibrantes

The French Dilettante, Laulane Bijoux, Audrey Guidoni

En dehors des saisons et des tendances, où puises-tu ton inspiration ?
Mon inspiration reste très sobre et contemporaine et mes bijoux ressemblent à ce que j’ai envie de porter. Mes créations doivent me correspondre et répondre à mes goûts personnels. Je ne peux pas matérialiser quelque chose que je n’aime pas.
Je suis aussi séduite par la féminité de l’accumulation des bijoux délicats. Une grande tendance d’ailleurs.

The French Dilettante, Laulane Bijoux, Audrey Guidoni

Comment as-tu vécu l’ouverture de ta toute première boutique ?
Comme un aboutissement, mais aussi une évidence. J’avais envie d’offrir à mes créations un écrin, mais aussi de me rapprocher de mes clientes et d’avoir avec elles un contact plus direct et plus humain qu’une boutique en ligne. Et comme je m’apprête à passer pas mal de temps ici, je voulais un endroit agréable, chaleureux et à l’image de ce que j’aime. J’ai même été jusqu’à penser les meubles en bois, en collaboration avec un ébéniste français hyper talentueux. Je voulais des murs blancs, des bois blonds et un sol qui rappelle la chaleur du parquet. Bref, un cadre agréable et accueillant pour celles qui souhaitent prendre le temps de découvrir mon travail.

Lorsque tu as décidé de te lancer, quel a été le meilleur conseil qu’on t’ait donné ?
Persévérer, avoir confiance en soi.

Et quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite aujourd’hui lancer sa propre marque ?
Croire en soi et aller jusqu’au bout de ses envies.

The French Dilettante, Laulane Bijoux, Audrey Guidoni

Si vous voulez en savoir plus sur ses créations, il suffit de faire un tour sur sa boutique en ligne.

Et pour celles qui ont la chance de vivre à Marseille, n’hésitez pas à faire un tour par sa boutique aux Docks Village ! ;)


Billet 100% coup de cœur et non sponsorisé

Back Detail

Cette robe était présentée à Hyères par la jeune créatrice ukrainienne, Yulia Yefimtchuk. J’ai tellement adoré le détail dans le dos que j’ai couru après le mannequin avant qu’elle ne quitte le backstage pour vous la montrer.

Festival Hyères, Robe rouge, The French Dilettante

Je suis souvent très classique, voire pudique, dans le choix de mes tenues. J’évite le très court parce que je déteste mes cuisses et mes genoux, et les décolletés très profonds sont souvent sources de situations embarrassantes. Je pense notamment à ma poitrine qui a des envies d’indépendance dès que j’essaie de me passer de soutien-gorge pour la journée.

Du coup, je me dis qu’un dos nu peut être une alternative tout aussi sexy (si ce n’est plus) et bien plus gérable au quotidien. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Bon, ça ne résout pas la question de la poitrine puisque j’imagine qu’il faut trouver une solution pour la faire tenir par devant, sans qu’une bande vienne briser le mythe par derrière, si vous voyez ce que je veux dire. Des idées ?

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PS : Pour retrouver tous mes comptes rendus du Festival d’Hyères, rendez-vous ici !


This dress was presented by the young Ukrainian designer Yulia Yefimtchuk. I loved so much the detail in the back that I ran after the model before she leaves the backstage to make sure I can show it you.

I am often very classic, and even shy, when I choose my outfits. I avoid very short skirts or shorts because I hate my thighs and knees, and very low-cut necklines are often embarrassing and my breast always feel like running away when I decide not to wear a bra for the day.

So I love the way an open or low back can bring a sexy and more manageable twist for everyday. What do you think about it?

Okay, this doesn’t solve the breast issue since I guess I’ll need to find a solution to keep it place without wearing a bra that might ruin the back, if you see what I mean. Any idea?

Coralie Marabelle

On poursuit cette spéciale Hyères avec mon troisième coup de cœur de cette édition (à vrai dire, deuxième après Kenta Matsushige) : la jeune styliste française et Prix du Public Mode, Coralie Marabelle.

Même si ce qu’elle propose est à des années lumières de mon style personnel, c’est sa créativité, la complexité de son travail et son sens du détail qui m’ont laissée sans voix.

Pour sa collection, Coralie Marabelle s’est inspirée des éléments vestimentaires traditionnels des bergers du nord de l’Iran… ce qu’on a du mal à imaginer tellement l’interprétation qu’elle en a faite est féminine et délicate !

Je vous laisse avec les photos de mes silhouettes préférées et si vous voulez en savoir plus sur son univers, n’hésitez pas à jeter un œil sur son tumblr

Festival d'Hyères, Coralie Marabelle, The French Dilettante
Festival d'Hyères, Coralie Marabelle, The French Dilettante
Festival d'Hyères, Coralie Marabelle, The French Dilettante
Festival d'Hyères, Coralie Marabelle, The French Dilettante
Festival d'Hyères, Coralie Marabelle, The French Dilettante
Festival d'Hyères, Coralie Marabelle, The French Dilettante

Let’s carry on with Hyères 2014 and my third favorite designer of this edition (actually the second one after Kenta Matsushige): young French designer and Fashion Public Prize, Coralie Marabelle.

Although her collection is light years away from my personal style, her creativity, the complexity of her work and the attention she paid to every detail left me speechless.

She got her inspiration from northern Iran shepherds’ tradition clothing elements… which I could hardly imagine when I saw how feminine and delicate her interpretation was!

You can see above the photos of my favorite silhouettes, and if you want to know more about her, just take a look at her tumblr page

L’Homme (selon Anne Kluytenaar)

Des hommes habillés en femmes… Il fallait oser. D’autant que cette idée, audacieuse je vous l’accorde, aurait pu tourner au grotesque. Mais en découvrant la collection de la jeune néerlandaise, Anne Kluytenaar, j’ai eu envie de dire “why not ?”

Pourquoi ? Parce qu’elle a réussi à ne pas tomber dans le pathos et à nous donner presque envie de voir plus d’hommes habillés comme ça dans la rue.

Comment ?

# En reprenant des codes de Chanel.
À son époque, Coco n’avait pas hésité à intégrer les codes masculins dans le vestiaire féminin, n’est-ce pas ? Eh bien, en faisant le chemin inverse, on pourrait dire qu’Anne Kluytenaar ne fait que rendre à César ce qui appartient à César.

# En adaptant les coupes et les accessoires à la morphologie masculine.
Ici, les pièces ne sont pas juste piochées dans notre garde-robe, elles sont adaptées et repensées pour que leur ligne et leur tombé soient parfaits sur un corps masculin.

# Grâce à des mannequins qui ont joué le jeu à fond.
Le regard frondeur accentué par un maquillage smoky, le pas sûr et déterminé, une cigarette au bec,… tous les ingrédients sont là pour prouver qu’un homme peut ne rien perdre de sa virilité, même avec une boucle à l’oreille et une pochette sous le bras !

Et vous alors ? Qu’est-ce que vous pensez de cette collection ?

Festival d'Hyères, Anne Kluytenaar, The French Dilettante
Festival d'Hyères, Anne Kluytenaar, The French Dilettante

Men dressed as women… the idea is very bold. Besides, it could’ve turned into something a bit ridiculous, but when I saw the collection of the young Dutch designer, Anne Kluytenaar, I felt like “why not!?”

Why? Because she managed not to fall into something pathetic and she almost made us want to see more men dressed like this.

How?

# By drawing her inspiration from Chanel’s codes.
Coco didn’t hesitate to use masculine codes for women’s wardrobe, right? So by doing the opposite way, let’s say that Anne Kluytenaar is only giving back to men what belongs to them.

# By adapting the cuts and the accessories to men’s anatomy.
Here, the pieces men are wearing aren’t just picked from our closet. They are redesigned to perfectly fit a man’s body.

# Thanks to the models who played the game.
A smoky rebel eye, a confident step, and a cigarette in the mouth… they proved us that a man can still be a man, even with an earring and a clutch under the arm !

So, what do you think about this collection?